__ ♣
INTERVIEW,
Vendredi 9 octobre 2009, France football _______________________________________________________Hatem, savez-vous que vous allez bientôt fêter un anniversaire? (Longue réflexion.) Non, je ne vois pas... Ma première sélection peut-être ?
Oui, mais aussi, un an plus tard presque jour pour jour, votre dernière sélection, lors du match face à la Tunisie ( le 14 octobre 2008 ) ...Non, ce n'est pas possible! Déjà? Franchement, ça me fiche un coup. Qu'est ce que cela me paraît loin, tout ça. Ça me fait vraiment bizarre de réaliser que j'ai un peu disparu de la circulation depuis aussi longtemps.
Comprenez vous au moins pourquoi vous avez disparu du paysage tricolore? Bien sûr! C'est totalement logique par rapport à mes performances. Depuis quelques temps, je ne mérite pas ma sélection. Mais je ne veux pas non plus me prendre la tête. Je veux juste recommencer à retrouver des sensations avec l'OM. Le reste suivre j'en suis sûr.
Et si vous aviez déjà raté le train bleu?Non. Je me souviens de 2008. J'étais régulièrement convoqué, je jouais des matches de Ligue de champions avec Lyon, mais, à l'arrivée, certains m'étaient passés devant au dernier moment pour l'Euro. ( L' ½il malicieux. ) C'est bien ce que j'espère faire à mon tour pour la Coupe du monde.
Il va y avoir du boulot pour y arriver, vu votredébut de saison très moyen...Je suis bien conscient que je ne viens pas de réaliser le meilleur départ de ma carrière. C'est même carrément mauvais.Je ne veux pas me cacher ou trouver des excuses. J'espère seulement que je ferai l'inverse de la saison dernière, où j'avais commencé super fort avant de m'éteindre peu à peu.
Vous donnez l'impression de vivre votre mise en retrait avec sérénité. Un peut trop, même? Non, forcément que tout m'agace. Ça bouillone dans ma tête. Mais je garde tout pour moi. Cela ne servirait à rien de me montrer impatient. Je sais trop où ça peut me conduire... La révolte, je l'ai toujours à mort au fond de moi. Mais maintenant, j'arrive à mieux la dompter pour qu'elle ne me tue pas.
En mai et juillet derniers, vous promettiez pourtant " de tout casser " cette saison ... Je sais mais j'ai toujours la même ambition. Je ne suis pas du tout inquiet. Ça va juste prendre un petit peu plus de temps que prévu.
Croyez-vous qu'à Marseille on soit prêt à vous en accorder beaucoup plus? Je suis bien conscient qu'il va vite falloir me montrer. Mais, pour inverser le cours d'une saison, parfois, il ne faut pas grand chose, ni beaucoup de temps. Pour y parvenir, j'essaie surtout de ne pas me laisser influencer par l'extérieur. Face à Monaco, j'ai par exemple entendu le public me siffler sur un coup franc. Il y a encore quelque temps ça m'aurait déstabilisé, énervé. Là, j'ai seulement encaissé en me disant qu'il changera vite d'avis.
Que vous reproche exactement Didier Deschamps?Je ne sais pas trop, mon inconstance peut-être... Par rapport à ses grilles d'évaluation, je ne fais pas partie des meilleurs. Mais tout peut changer, non? Le coach m'a demandé d'augmenter mon volume de jeu et de faire attention à ma concentration.Il n'y a pas de problème, je vais l'écouter.
La chronique rapporte pourtant quelques échanges musclés avec votre coach...( Sourires. ) Ah bon? En fait, on s'est juste quelquefois expliqué, mais sans jamais se fâcher. On échangeait, quoi.
Etes-vous toujours aussi persuadé que l'OM est le club qu'il vous fallait? Je ne me pose pas ce genre de questions. Quoi qu'il arrive, cette expérience me servira. Elle m'a blindé pour la suite. Car, quand on réussitici, je crois que l'on peut réussir presque partout ailleurs.
Et quand on échoue? Je ne veux pas y penser une seule seconde.
Pourriez-vous demander à quitter le club l'hiver prochain si vous gardiez votre statut de remplaçant? Franchement, je n'y pense pas du tout. Moi, c'est ici que je veux m'imposer et prendre du plaisir.
En avez-vous pris beaucoup cette saison? Depuis le début du Championnat, je n'ai dû prendre en tout qu'un quart d'heure de plaisir, lorsque l'on poussait fort en fin de match face à Monaco. Mais ça va venir.
Ni Le Guen, ni Perrin, ni Gerets, ni Deschamps n'ont fais de vous un titulaire indiscutable. Se seraient-ils tous trompés? Non, forcément. Si j'avais été extraordinaire, ils m'auraient fait davantage jouer, c'est sûr. Mais ils ne m'ont jamais jeté non plus.
Etes-vous conscient que vous pourriez désormais passer rapidement du statut de petit doué qui va totu casser à celui d'ancien espoir qui n'a pas confirmé? Oui, je le sais. On me l'a assez répété. Et je suis capable de me remettre en question. Mais pas au point de m'enterrer. J'ai l'impression que ce sont les autres qui sont plus impatients et inquiets que moi. A ving-deux ans je sais bien que je ne suis plus un espoir auquel on peut tout pardonner. Mais je ne doute pas de moi. Je reste persuader que je vais y arriver.
Et si c'était la fin d'un rêve, celui d'un môme doué qui s'éait vu plus fort qu'il ne l'était? Il faudrait bien que je l'accepte. Mais ça m'étonnerais que l'on en arrive là. J'ai trop de fierté pour me laisser aller.
Qu'y a t-il de plus probable d'ici à la fin de la saison: que l'OM finisse champion ou que vous retrouviez les Bleus? Qu' l'OM gagne le titre. Mais peut être qu'en mars prochain ma réponse sera différente ...